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artistiques

Utopie au sens strict, le 99 est un département français qui n'existe pas. Dernier de la liste de numéros que propose l'administration française pour déterminer le lieu d'origine des individus, il concerne toute personne, française ou non, née à l'étranger. Les natifs du 99 seraient donc des êtres sans territoire, regroupés par un terme qui ne leur laisse aucun point commun à revendiquer, sinon l'ailleurs et l'altérité. Ces deux notions n'étant pas pour lui déplaire, le rappeur Marc Nammour interroge les sens politiques et poétiques du numéro 99 : l'impossible inventaire de ce qui fonde une identité et la certitude d'être en mouvement, d'être venu, parti, d'avoir traversé une terre, une mer, des cultures et des traditions variées. Avec eux, les accords de Lorenzo Bianchi-Hoesch, Jérôme Boivin, Rishab Prasanna et Amir ElSaffar, nourris par l'échange, font entrevoir l'harmonie politique qui pourrait surgir de l'acceptation de la multiplicité de chacun. Sans passeport à présenter et sans peur devant l'altérité, les instruments et les voix puisent dans des temps, des langues et des régions du monde dont les frontières, même barbelées, ne pourront empêcher les croisements, les influences et l'enrichissement mutuel. 

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Il est d’ici, il est d’ailleurs, il écrit, il rappe et il scande, il se révolte et se cabre face aux trop humaines et inhumaines folies du monde. C’est Marc Nammour.
Ils sont du désert, ils sont minoritaires, ils prennent la musique comme les armes, la guitare comme une arme, les armes par la poésie. C’est Tinariwen, c’est Imarhan. C’est Eyadou Ag Leche et Said Ag Ayad. C’est Sadam et Kada.
Il est épris de liberté, il propage une musique brute, une musique ouverte à tous les vents, une musique ancrée et agitée. C’est Akosh Szelevényi.
Il a transporté ses baguettes et balais, sa sensibilité et sa soif de sens sur tous les continents. C’est Alexis Bossard.
Tous, ils revendiquent et ils dénoncent, ils crient et ils murmurent. Ils prennent la parole. C’est une prise de parole qui proteste, qui conteste et insiste : « j’existe ». Et portés par cette parole poétique et politique ils nous font exister, nous racontant avec tendresse, passion ou mélancolie, qu’il est toujours possible de se rencontrer, de se rassembler, et de construire ensemble notre humanité.

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Work in progress est une création proposant une réflexion sur le travail, la place qu’il occupe, sa fonction, ses enjeux et ses conséquences sur l’individu. C’est un miroir sur la condition de l’Homme dans ce tourbillon mondialisé. C’est un titre d’inspiration outre-Atlantique, en référence à l’anglicisme récurrent des nouvelles techniques de management à l’œuvre dans les entreprises.
Le corps est l’outil principal du travailleur. Sa profession le modèle. Montre-moi ton corps et je te dirai quel travail tu fais. Il porte la mémoire de tous ces gestes répétés au quotidien avec dextérité, technique et parfois souffrance.
Il se trouve que le savoir-faire de la danse réside en une codification du geste. La danse a le pouvoir d’habiter un geste, elle le transpose poétiquement. Grâce à la danse le geste évoque. Il a une entité forte, faite de chair, de corps, de sentiments, d’émotions, de conscient et d’inconscient.
Marc Nammour a proposé à Éloïse Deschemin, accompagnée de Silvia Di Rienzo, de chercher l’endroit où mouvements et mots prennent corps, se mélangent, se confondent, s’articulent pour performer d’un commun accord.
Sur le plan musical, il voulait un duo avec une large palette d’expressions. Apprécier la rencontre brute et intuitive entre harmonie et rythmique. Deux immenses explorateurs sonores férus d’improvisation, Serge Teyssot-Gay à la guitare électrique et Stéphane Edouard aux percussions, portent en temps réel les envolées du plateau.

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Voilà deux magnifiques diseurs/chanteurs qui vont associer leurs mots et scansions pour un projet scénique au croisement d’une certaine idée de la chanson et d’un hip-hop ré-inventé.

Initiateur du projet, Marc Nammour retrace le fil de cette belle collaboration : Je connais Loïc Lantoine sur disque depuis son premier album. Sa plume est une des rares qui me touche en français. Nous nous étions rencontrés une fois sur scène où nous avions mélangé son morceau Mauvais ouvrier avec mon texte L’usine au Bataclan en soutien au journal L’Humanité en 2010. Après cette improvisation mémorable, nous nous étions dit en loge que ce serait bien de retravailler ensemble un de ces jours… Ça se fera donc huit ans après et quelques albums de plus à nos compteurs respectifs.
Loïc Lantoine vient croiser son verbe au mien avec l’appui des trois musiciens de mon groupe La Canaille. Une ambiance musicale aux sonorités urbaines au service d’une parole poétique ancrée dans le réel. Des textes inédits écrits ensemble pour l’occasion qui feront écho avec ce que nous sommes, ce que nous refusons et surtout ce à quoi nous aspirons. Nous avons en commun les mêmes valeurs humanistes. Les petites gens sont nos héros ordinaires. Et si Loïc se revendique de la chanson pas chantée, qu’est ce que le rap si ce n’est aussi de la chanson pas chantée ? Nous regardons le monde du même belvédère, fiers et tremblants.
Fiers de nos origines sociales modestes, fiers du chemin parcouru, fiers de ne pas céder à la bêtise ou à la facilité, fiers de vivre la main tendue avant le poing fermé.

Et tremblants parce que nous sommes remplis de doutes et d’incertitudes. Parce que nous sommes en recherche permanente et que nous avons plus de questions que de réponses. Parce que nous assumons pleinement notre ultra sensibilité, notre vulnérabilité à l’heure où dire cela passe pour un aveu de faiblesse.

Et nous savons que notre société ne fait pas de place pour les faibles, elle les croque. Elle nous veut durs, forts, remplis d’assurance avec ce regard de gagnant. Elle aime le rire des vainqueurs. Ici nous rendons gloire aux perdants !

Textes et chants Marc NAMMOUR et Loïc LANTOINE – Basse, clavier Jerôme BOIVIN – Batterie, pad  Thibaut BRANDALISE – Guitare, clavier, MPC  Valentin DURUP.

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C’est le projet avec lequel j’ai fait mes premières armes.

C’est la base de mon A.D.N et les premiers jalons de ma direction artistique.

C’est une musique de lutte.

C’est du Rap de fils d’ouvrier accompagné par des musiciens.

C’est une poésie politique et sensible.

C’est quatre albums au compteur et des centaines de concerts.

C’est une façon d’aborder la scène respectée du public pour sa générosité, 

sa foliecontagieuse et son engagement sans concession.

C’est une histoire qui a compté dans la musique alternative avec des titres chargés de revendications encore et toujours d’actualité

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